Chapitre
CORPS ENTERPRISE
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Au cœur de l’entreprise

5. Au cœur de l’entreprise

      Félix se sentit tout de suite écrasé par la taille du hall d’entrée. Le plafond semblait être à dix mètres de hauteur, l’accueil s’étendait sur une bonne quinzaine de mètres au fond de la salle. Il n’y avait presque personne assis sur les fauteuils disponibles à côté de l’entrée.

     Félix pouvait voir les magazines people étalés sur les délicates tables en verre disposées çà et là.

      En entrant, il essaya de se faire le plus discret possible, en s’asseyant dans un fauteuil qui tournait le dos à l’accueil. Il ne voulait pas prendre le risque de se faire repérer par Torcheman si jamais celui-ci ressurgissait. Il regarda autour de lui le plus naturellement possible. A l’accueil se trouvaient deux réceptionnistes, un homme et une femme, qui, désœuvrés, discutaient bruyamment. A droite, il aperçut deux portes d’ascenseur, et se demanda s’il lui serait possible d’en prendre un sans se faire remarquer par les hommes de la sécurité ou les réceptionnistes. Il vit un homme d’affaire se diriger vers l’un d’eux et sortir une carte magnétique de sa poche pour activer l’ouverture des portes. Bon, de ce côté-là il ne pouvait rien faire. Frustré, Félix se tourna vers l’autre côté de la salle. Il y vit les portes des toilettes et rien d’autre. En désespoir de cause, il se leva pour aller aux toilettes, espérant trouver peut-être une porte de service.

      Il entra dans les toilettes les plus propres qu’il ait jamais vues. Les murs étaient en marbre et le sol d’un blanc étincelant. Il remarqua même une eau de toilette particulièrement coûteuse posée sur le lavabo. Il se força à détacher son regard de toute cette propreté et chercha partout dans ces toilettes qui étaient aussi les plus grandes qu’il ait jamais vues. Il finit par trouver une porte avec un panneau indiquant : « Accès uniquement réservé au personnel ». Ragaillardis, Félix se précipita vers la porte et tenta de l’ouvrir, mais elle restait désespérément close. Il commençait à perdre espoir quand il entendit un bruit de clé qui tournait dans une serrure. Il eut à peine le temps de se cacher dans la cabine la plus proche quand la porte s’ouvrit. Il entendit des pas résonner et devina qu’il s’agissait de deux hommes.

     L’un d’eux pris la parole :

- Qu’est-ce que tu fais ? Faut fermer la porte.

- Me fais pas chier, on en a pour deux minutes.

     Puis les bruits de pas s’éloignèrent. Félix jeta un coup d’œil hors de sa cabine pour vérifier qu’il était bien seul, puis s’empressa d’aller ouvrir la porte de service. Derrière, il n’y avait que des escaliers en colimaçon qui s’enfonçaient dans le sol. Ni une ni deux, il commença dévaler les marches quatre par quatre. Il n’avait pas beaucoup de temps avant que les deux hommes reviennent et il voulait voir s’il ne se dirigeait pas vers un cul-de-sac avant d’être pris au piège.

     Il arriva enfin au bas des escaliers et se retrouva devant une porte rouge. Il actionna la poignée et fut soulagé de voir qu’elle n’opposait pas de résistance. Quand il entrouvrit la porte, il vit qu’il n’avait pas eu de raison de s’inquiéter : il se retrouva face à un couloir qui s’étendait à perte de vue avec plusieurs embranchements. Il décida de partir à la recherche d’Andréa au plus vite. Il commença à marcher dans la blancheur immaculée du couloir, mais, au bout de deux ou trois tournants, il se sentait déjà perdu. Il persista néanmoins et fini par tomber sur une porte qui attira son attention. Il put lire sur l’écriteau : « Subject number 11 ».

     Intrigué, il tourna la poignée et ouvrit la porte.

     Ce qu’il vit alors, il ne pourrait jamais l’oublier. Il ne parvenait pas à appréhender la réalité de ce qu’il avait sous les yeux. Il y avait dix rangées de cuves qui s’étendaient sur des dizaines de mètres jusqu’au fond de la salle. Et dans chacune de ces cuves flottait un sosie parfait de lui-même. Encore sous le choc, Félix n’entendit pas la porte s’ouvrir. Ce n’est que trop tard qu’il sentit la présence dans son dos. Il sentit un choc sourd à l’arrière de son crâne et tout devint noir.

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