Chapitre
CORPS ENTERPRISE
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L'entreprise mystère

4. L’entreprise mystère

      Il n’avait pas eu le temps de relever la plaque d’immatriculation de la Berline, mais de toute façon cela ne lui aurait servi à rien. Il courut jusqu’au bout de la rue et aperçut la voiture tourner à un embranchement au loin. Au moins il avait une idée de la direction qu’elle avait prise. D’après ce qu’il avait vu pendant leur fuite, la voiture se dirigeait vers Big Ben et le pont où il avait rencontré Andréa.

      Il ne savait pas par quoi commencer. Il n’avait aucune information sur les hommes qui avaient enlevé Andréa. Il décida de revenir sur ses pas. Peut-être trouvera-t-il des indices sur leurs agresseurs. En revenant à l’endroit où ils avaient fait entrer Andréa dans la voiture, il aperçut une carte plastifiée qui gisait par terre. Il la ramassa et se planta sous le plus proche lampadaire pour la lire :

CORPS ENTERPRISE

Belvedere Rd

      Le nom de l’entreprise lui disait vaguement quelque chose, il devait l’avoir entendu dans une publicité à la télévision ou lu sur un panneau publicitaire. Il trouvait cela bizarre que Torcheman porte sur lui une carte de visite de cette entreprise et qu’il l’ait laissé tomber.

     Andréa avait dû contribuer à cela en se débattant comme une forcenée. C’était la seule piste qu’il avait, il n’avait d’autre choix que de la suivre. Il chercha son portable dans sa poche, mais il fut surpris de ne pas le trouver. Bizarre, il était pourtant sûr de toujours l’avoir sur lui.

     Puis il se souvint du plongeon dans la Tamise. Il ne devait déjà plus l’avoir à ce moment-là.

     Félix n’avait pas eu le temps de faire le point sur sa situation, mais il n’avait toujours aucune idée de la raison de sa présence à Londres et du fait qu’il était attaché lorsqu’il est tombé dans la Tamise...ou que quelqu’un l’y a jeté.

      Il secoua la tête. Ce n’était pas le moment de penser à ça. Il devait trouver un moyen de savoir où se situait cette entreprise. Quelque chose lui disait que découvrir les ravisseurs d’Andréa lui permettrait de connaître le fin fond de cette histoire. Il trouva plus judicieux de retourner sur le pont pour avoir plus de chance de trouver quelqu’un. En arrivant au bord de la Tamise, il vit poindre les premiers rayons de soleil. Il ne savait pas quelle heure il était mais il ne devait pas être loin de sept heures. Peut-être allait-il réussir à trouver quelqu’un de matinal. Il commença à marcher pour rejoindre l’autre rive. Soudain il entendit des pas derrière lui. Croyant qu’il s’agissait encore de Torcheman, Félix se retourna d’un bloc, le cœur battant à tout rompre. Fausse alerte, il ne s’agissait que d’un joggeur. Il était tellement soulagé qu’il faillit oublier de lui demander son chemin. Il le héla et lui demanda du mieux qu’il put, avec un anglais approximatif, s’il savait où se trouvait l’entreprise qu’il cherchait. Comme l’homme ne semblait pas comprendre un mot de ce qu’il disait, il lui tendit juste la carte qu’il avait trouvée. Son visage s’éclaira et il tendit le bras en direction de la grande roue que l’on apercevait au loin. Félix ne comprit rien à son charabia mais il savait au moins dans quelle direction aller. Il remercia le joggeur et partit d’un bon pas. Ça lui prit environ dix minutes pour arriver devant la grande roue puis encore cinq minutes pour trouver le nom de la rue qu’il cherchait. En parcourant la rue, il aperçut un immense immeuble qui se dressait à une centaine de mètre de là. Saisi d’une intuition, il s’en approcha. Quand enfin il se trouva en face de l’immeuble, il put lire sur la façade en énormes lettres dorées :

CORPS ENTERPRISE

     La Berline noire était garée devant la porte d’entrée. Andréa était à l’intérieur, il en était certain. Il avança vers la porte vitrée et l’ouvrit.

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