Chapitre
CORPS ENTERPRISE
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Le hangar à voiture

3. Le hangar à voiture

      Il faisait tellement sombre que Felix ne voyait pas à deux mètres devant lui. C’était bon signe : leur poursuivant aura d’autant plus de mal à les trouver. Le point négatif c’est qu’il avait perdu Andréa des yeux. Il allait crier son nom quand il entendit la porte du hangar s’ouvrir – en tout cas cela y ressemblait. Maintenant il n’était plus question de faire le moindre bruit, sinon il se ferait immédiatement repérer par l’homme qui les suivait depuis le pont – et qu’il avait décidé d’appeler Torcheman étant donné qu’il ne semblait pas prêt à se débarrasser de sa lampe torche. En avançant à tâtons il trouva la poignée d’une porte qu’il n’avait pas vue. Sans plus tarder il s’engouffra dans la pièce qu’il identifia comme étant un placard à balais.

     Félix s’adossa à la porte en essayant de calmer sa respiration. Il sentait son cœur battre tellement fort qu’il avait l’impression que sa poitrine allait exploser. Quand enfin il se fut calmé, il risqua un coup d’œil par l’embrasure de la porte. Il ne voyait pas Torcheman mais il apercevait une lueur derrière une voiture. Le risque était énorme mais il devait sortir de son abri pour trouver Andréa avant que leur poursuivant ne le fasse. Il ne pouvait pas savoir ce qu’il allait lui faire si cela se produisait.

     Il entrouvrit la porte le plus doucement possible, frémissant à chaque grincement, et se glissa à l’extérieur. Il décida de commencer à chercher par l’endroit le plus éloigné de Torcheman, espérant qu’Andréa aurait eu l’idée de se cacher le plus loin possible de lui. En rentrant, il avait cru qu’il faisait totalement noir, mais maintenant que ses yeux s’étaient habitués à l’obscurité il parvenait à se repérer entre les différentes voitures garées les unes à côté des autres. Il passa devant cinq voitures sans résultats. Au moment où il jetait un coup d’œil par-dessus son épaule pour voir si Torcheman ne l’avait pas repéré, il aperçut un mouvement à la limite de son champ de vision. En regardant plus attentivement il crut déceler la crinière sauvage d’Andréa, tapie derrière une Chevrolet. Félix se maudit intérieurement car depuis le début il n’avait fait que s’éloigner d’elle, et parce qu’elle se trouvait précisément à mi-chemin entre lui et leur poursuivant.

     Il commença à se diriger vers elle le plus rapidement et le plus discrètement possible afin de ne pas attirer l’attention sur lui et Andréa. Alors qu’il n’était plus qu’à quelques voitures, elle se tourna vers lui et l’aperçut. Son regard s’illumina et un énorme sourire vint éclairer son visage. Il lui fit signe de ne pas faire de bruit et continua sa progression. Au moment où il ne lui restait plus que quelques voitures avant d’arriver, Félix buta contre un objet métallique. Alerté par le bruit, il se cacha derrière la voiture la plus proche, mais le mal était fait : il entendit Torcheman se diriger dans sa direction. Quel boulet ! Il essaya de s’éloigner le plus possible de l’endroit où il se trouvait pour éviter de se faire attraper. Il commençait à croire que sa bourde n’allait pas avoir de conséquence quand il entendit le cri d’Andréa.

- Lâche-moi sale brute !

     Attiré par le bruit, leur agresseur avait fini par tomber sur elle. Félix s’en voulut de ne pas avoir pensé à elle. Il se redressa et chercha la lueur de la lampe torche des yeux. Il aperçut le faisceau de la lampe qui se dirigeait vers la sortie du hangar. Il se précipita dans cette direction, percutant toutes les voitures au passage. Il émergea à l’air libre comme un boulet de canon. Il regarda de tous côtés avant de se rappeler qu’il s’agissait d’un cul-de-sac. Il se mit alors à courir en direction de la rue qu’il apercevait au bout. En débouchant, il entendit une portière claquer à sa droite. En tournant la tête il vit une Berline noire démarrer sur le chapeau des roues. Félix resta là, les bras ballants. Andréa venait de se faire enlever devant lui. Il entendait encore Torcheman dire « Préviens le patron que j’ai trouvé la fille ».

     Ils venaient à peine de se rencontrer mais Félix était sûr d’une chose : il devait sauver Andréa.

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