Chapitre
CRYDE
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Message de l'auteur en début de chapitre

  Ouf ! Ce n'était qu'une branche ! Ce n'est n'était qu'une branche ... ? N'est-ce pas ... ?  

CETTE PHOTO

CRYDE

CHAPITRE

3

ROMAIN CREUZENET

CHAPITRE

3

CETTE PHOTO

— Champion ! cria Marc dans tout le réfectoire.

     Qu’est-ce que je disais ? Je ne m’étais pas encore installé que les plaisanteries commençaient ! Nous allons bien nous amuser ! Je souriais tout en m’installant à côté de Yohan. Toute la bande était réunie, comme tous les midis, autour de la même table. Nous avions sympathisé au début du lycée et dès lors, nous ne nous quittâmes plus. Sûrement parce que nous faisions partie de l’équipe de basket.

     Ai-je dis que Marc était notre capitaine ?

— Lola ! Lola ! pleurnichait Marc en se moquant de moi.

     Bon, il fallait faire vite, très vite pour trouver une stratégie. Plusieurs me vinrent à l’esprit. La première : ne pas réagir, les ignorer et attendre qu’ils se lassent.

     Problème : ça risque d’être long, trop long. La deuxième : leur dire que j’avais été attaqué par un monstre. Ou par une branche. Problème : ils allaient se moquer davantage. La troisième : fabriquer un mensonge plus ou moins proche de la réalité, plus ou moins tourné en ma faveur. Le choix fut vite fait.

— La vérité, les mecs, j’ai passé une nuit de fou, commençai-je.

— Ah ? Merci Lola ! plaisanta Yohan.

— Non, pas une nuit de ce genre-là... Au contraire, nous nous sommes disputés.

— À cause de Marc ? Tu vois, je t’avais dit que c’était une mauvaise idée ce jeu, intervient Chris, un membre de la bande, en donnant un coup de coude à Marc.

— Mais non ! À cause de ce petit bisou ? Mais mec, ce n’était qu’un jeu. Nous étions tous bourrés ! se révolta ce dernier.

— Oui... Non... Ce n’était pas vraiment à cause de ça. Bref, Lola s’est énervée et elle est descendue de la voiture pour rentrer à pied. Le problème, c’est que nous étions au beau milieu de la forêt. J’ai entendu un bruit, une sorte de hurlement, j’ai cru que c’était elle qui avait un problème. Du coup, j’ai couru vers le bruit et, dans la précipitation, j’ai oublié mon téléphone dans la voiture. Il faisait nuit et est-ce que vous avez déjà essayé de vous repérer dans une forêt la nuit ?

     Plus ou moins proche de la réalité, assez à mon avantage, défi réussi.

— Non... As-tu passé la nuit dans la forêt ? s’exclama alors Marc.

     Je hochai la tête.

— Vous avez devant vous un survivant, les mecs. Du coup, ce matin quand j’avais enfin retrouvé ma voiture, j’étais mort d’inquiétude pour ma copine, d’où le truc de tout à l’heure.

— Est-ce que c’est pour ça que tu es tout sale ? Tu ne tentes pas d’imiter Alex hier soir ?

     Alex était un autre membre du groupe. Ce dernier rouspéta et rétorqua quelque chose à Chris. Il avait vomi hier soir. La conversation tourna vite alors en débat pour savoir qui de la bande tenait le moins bien l’alcool. Un sujet, une fois de plus, des plus matures, mais qui nous amusait bien. Tout redevenait parfaitement normal. Ma version d’hier soir semblait les avoir convaincus. Je doute qu’ils m’embêtent encore sur ça. J’allais pouvoir revenir à ma vie tellement banale.

— Heu balai ! Ça te dit de venir faire le ménage chez moi ?

     La bande rigola à l’unisson. Ava baissa la tête et continua son chemin. Oui ce glorieux surnom, c’était à elle qu’il avait été attribué. En effet, un jour où nous avions un peu trop bu, une stupide blague est sortie et a malheureusement perduré.

     Ava alla s’asseoir au fond du réfectoire, seule comme à son habitude. L’un des nôtres en fît une caricature qui fit bien rigoler tout le groupe, moi y compris.

     Le repas continua le plus normalement du monde. Lorsque nous avions terminé, nous allâmes nous poser dehors en attendant la reprise des cours. Nous parlions de basket, de filles, de soirée... Plutôt cliché, non ? Il ne manquait que les voitures !

     À un moment, je tournai la tête et aperçus Lola un peu plus loin. Je laissai le reste de la bande et allai la voir. Elle m’avait vu également. Elle avait quitté ses copines et venait à ma rencontre.

— Vraiment, Lola, à propos d’hier soir, je suis vraiment, vraiment désolé. Je te présente toutes mes excuses, vraiment.

Ça faisait beaucoup de « vraiment » dans la même phrase, mais j’étais sincère.

     Je ne lui laissai pas le temps de répondre et repris.

— Je sais que je me suis comporté comme un idiot. Je regrette plein de choses...

     Des choses que j’ai dites, que j’ai faites, pas faites... J’en ai conscience et crois-moi je m’en veux. Je tiens beaucoup à toi et je voudrais qu’on se réconcilie. Excuse-moi d’être un parfait imbécile.

     Non, non, ma nuit en forêt n’affectait en rien mes propos. Lola me regardait tout en souriant. Est-ce que nous nous étions déjà réconciliés tout à l’heure ? Disais-je ça pour rien ? En tous cas, elle n’avait pas l’air fâchée. Mais bon... Moi et ma faculté de compréhension des femmes...

— Bon écoute, mon petit imbécile, si tu veux tant que ça te faire pardonner, viens le faire après les cours chez moi.

     Elle conclut en m’embrassant. Nous étions réconciliés pour de bon. Enfin... Je pense ! Haha !

     La journée se poursuivit normalement. C’est-à-dire que je m’ennuyais énormément durant les cours. Je bavardais donc et m’amusais avec le reste de la bande aux dépens des professeurs. Un élève pas très assidu ? Des cours inintéressants surtout !

     Bref, la journée se poursuivit normalement à en faire peur.

     Lola ouvrit la porte. Nous étions enfin chez elle. Sa famille habitait une très grande et belle maison. On peut dire que Lola venait d’une famille plutôt riche.

     Elle était fille unique et ses parents étaient souvent absents. D’ailleurs, je ne les entendais pas. La porte d’entrée était à peine refermée, qu’elle me sauta au cou et commença à m’embrasser. Ce que j’aime nos réconciliations !

     Je la portai jusqu’au canapé tout en continuant de l’embrasser. Je l’allongeai tendrement dessus. Elle me serrait contre elle. J’étais au-dessus. Mes mains se perdaient dans ses cheveux. Ma peau recherchait la chaleur de la sienne. Lola était si douce, si belle. Ses jambes s’enroulèrent autour de mes hanches. Elle passa ses bras autour de mon cou.

     Je me redressai, elle me laissa faire. J’enlevai mon tee-shirt et son visage s’illumina alors. Je le jetai, puis me penchai sur elle. Une fraction de seconde. C’est tout.

     Mon œil n’avait dévié que d’une petite fraction de seconde. Il me semblait avoir vu quelque chose sur la table du salon... Je... Non... Lola continuait d’utiliser fabuleusement bien ses lèvres. C’était... Je devais regarder. Non, je ne devais pas. Je fermai les yeux et me concentrai sur ce corps merveilleux. Je me focalisai sur ce que nous étions en train de faire... Ce que nous allions faire... Sur ce canapé... Elle et moi...

     Oh et puis zut !

     Je me défis de l’étreinte de Lola et m’emparai du journal sur la table. À la une, une jeune femme était portée disparue. Sa photo prenait toute la page. Elle avait le teint pâle et les cheveux noirs corbeaux. Elle avait beau avoir un joli sourire...

     Elle avait beau être plutôt jolie... Mais...

— Mais qu’est-ce que tu as bon sang ? poussa Lola d’une voix vexée.

     Je regardai Lola, je regardai à nouveau le journal. Je... Je me levai, l’emportai et sortis de la maison. Oui, j’avais laissé ma copine. Oui, je ne lui avais donné aucune raison. J’étais même parti sans mon tee-shirt.

     J’étais enfin chez moi et ça n’allait toujours pas mieux ! J’avais presque les larmes aux yeux. J’étais au bord de la crise de nerfs. J’étais torse nu aussi. Je m’empressai d’aller dans ma chambre.

— Steve, c’est toi ? Où étais-tu cette nuit ?

     Ma mère m’appelait depuis le salon. Ce n’était vraiment pas le bon moment...

— Oui, j’ai dormi chez Lola et je n’avais plus de batterie sur mon téléphone.

     Excuse-moi.

     Mentir à sa mère... J’étais déjà en haut des escaliers et ne donnai pas plus d’explication. Elle a dû me répondre, mais je ne l’entendis pas. J’avançais jusqu’à ma chambre. Je passai devant la chambre de mon grand frère. Elle était ouverte mais ce dernier était trop absorbé par sa console pour me remarquer. Et enfin, je refermai la porte de ma chambre, quel soulagement !

     J’attrapai vite mon ordinateur. J’allai sur internet, tapa ma recherche et cliqua sur la page du journal. Je vis le titre « Une jeune femme portée disparue ». Puis, sa photo s’afficha en grand sur l’écran. Je la dévisageai quelques instants... Mais ce n’était pas ce qui m’intéressait. Dans l’article, il était marqué qu’elle avait été aperçue pour la dernière fois dans un restaurant. Je repris mes esprits, copiai l’adresse, ouvris un autre onglet et affichai une carte. Je rentrai l’adresse du restaurant.

     Je validai et une flèche apparue.

     Elle marquait la position du restaurant. Mais autour... Autour... Autour de celui-ci, il y avait une grande forêt, la forêt. Celle où je me suis réveillé ce matin...

     Sous le choc, je refermai doucement mon ordinateur. Je ne m’étais pas pris une branche cette nuit. Je ne m’étais pas cogné la tête. Je n’avais pas fait de cauchemar.

     La jeune femme portée disparue dans le journal... C’était le monstre...

Message de l'auteur en fin de chapitre

  Donc ce n'était pas qu'une branche...

J'ai essayé de continuer de mettre en place le décor tout en gardant du rythme. J'essaye d'ailleurs de l'accélérer et créer l'intrigue !

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