Chapitre
CRYDE
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Message de l'auteur en début de chapitre

  Voici le premier chapitre, la première nuit marquant le début de la formidable (ou terrible !) aventure de Steve.

Les premières lignes d'un livre sont les plus importantes ! Elles doivent captiver, transporter et envoûter le lecteur. N'hésitez pas à me dire, dans les commentaires, si l'effet est réussi (ou non) et si ça vous plaît !

Bonne lecture ! En souhaitant de tout cœur que vous passiez un bon moment... plongé dans cette histoire...
 

TOUT COMMENCE

CRYDE

CHAPITRE

1

ROMAIN CREUZENET

CHAPITRE

1

TOUT COMMENCE

     La lune était l’unique témoin de ce que nous avions commencé. Nous étions garés sur le bas-côté d’une petite route. Les phares de ma voiture éclairaient la forêt. Je raccompagnais ma copine après une soirée passée avec nos amis lycéens, mais nous n’avions pas pu attendre plus longtemps. La nuit était calme, ce qui contrastait étrangement avec l’énervement palpable dans la voiture.

— Ce n’était qu’un jeu et alors ? Tu n’avais pas à l’embrasser ! m’exclamai-je.

— Pour la millième fois, ce n’était qu’un bisou stupide pour un jeu stupide.

     Aurais-tu préféré que je casse l’ambiance ? me rétorqua-t-elle.

— Évidemment ! Plutôt que tu m’humilies devant les autres...

— Humilier ? N’as-tu pas l’impression d’exagérer ne serait-ce qu’un tout petit peu ? Nous avions bu... C’étaient les règles... Je ne proteste pas pour tes gages alors tu n’as pas à me reprocher les miens ! Ce n’était rien ! Rien du tout !

— Bien sûr ! Pour une fille comme toi, embrasser Marc, c’est...

— Pour une fille comme moi ? Sérieusement ? Qu’est-ce que tu insinues ? s’énerva-t-elle davantage.

— Laisse tomber ! !

     Je tapai avec rage le volant de ma voiture stoppant ainsi la conversation. Je sentis son regard peser sur moi, mais je préférai l’ignorer. Je l’entendis rassembler ses affaires. Elle ouvrit la portière et descendit de la voiture. Mais que faisait-elle ?

— Tu es vraiment nul parfois Steve, tu le sais ça ? me lança-t-elle en descendant.

     Je te remercie pour cette gentillesse. Et si on parlait de toi et de ta fâcheuse tendance à... Trop tard, elle avait déjà claqué la portière. Franchement, qu’allait-elle faire ? Nous rentrions de la maison de Marc avant que, poussés par un désir intense de discussion, nous nous arrêtâmes au beau milieu de la forêt. La nuit était avancée et la civilisation n’était pas tout près. Je poussai un juron. Je n’avais plus qu’à attendre qu’elle se calme et qu’elle revienne... Les minutes passèrent... Puis d’autres... L’attente s’éternisait. Elle exagérait, n’est-ce pas ? La colère m’avait quitté et désormais, je commençais même à m’inquiéter.

     Nous étions au beau milieu d’une forêt en pleine nuit. Le chemin de bitume que nous avions emprunté s’étendait encore sur des kilomètres... Zut ... Ma copine était quelque part dehors... Du coup, je sortis de la voiture.

— Lola ! Lola ! Lola ! l’appelai-je.

     Je m’époumonai plusieurs fois, mais pas de réponse. À présent, je m’inquiétais vraiment. Je pris soin d’éteindre les phares de ma voiture et d’emporter les clefs.

     Ne pouvant compter sur les faibles lueurs de la lune, j’allumai la lampe torche de mon téléphone et partis à sa recherche.

— Lola !

     Elle m’énervait. Certes, elle était très attachante. Et qu’est-ce qu’elle était belle !

     Elle avait également un fort caractère, mais c’était ce qui me faisait craquer. J’aimais aussi ses yeux noisette pétillants, ses magnifiques cheveux noirs scintillants, sa peau légèrement bronzée et ses formes harmonieuses. Elle était l’une des plus belles filles du lycée et elle en était parfaitement consciente. Piquante avec les inconnus, mais si douce avec ses proches. On avait beau être ensemble depuis plus d’un an, la chercher en forêt, la nuit, c’était bien la première fois.

— Lola !

     Un silence me répondit. Il était tard et je commençais à avoir froid. Soudain, je me retournai. Il y avait un bruit. J’en étais sûr... enfin... je pensais. Je regardai quelques instants dans cette direction. Rien. Sûrement mon imagination qui se manifestait. Je continuai à marcher. Les branches se cassaient sous mes chaussures.

     Cette forêt ne me rassurait absolument pas. Elle était d’un silence angoissant tout en étant d’un vacarme inquiétant. Les murmures incessants des arbres me faisaient me retourner encore et encore. Je m’éclairais tant bien que mal avec la lampe de mon téléphone. Quelqu’un ne voudrait pas me remplacer ? Là ! Quelque chose ! Je brandis mon téléphone... Je ne savais pas ce que c’était, mais c’était dans les herbes. J’appelai Lola. Aucune réponse. Je continuai. Qu’est-ce qu’il y avait autour de moi ? Peut-être juste des lapins... peut-être des loups ou des tueurs en série... Peut-être pire. Pourquoi je pensais à ça maintenant, moi ?

     Je hurlai son prénom. Ce n’était pas la voix mélodieuse de Lola qui me répondit, mais un bruit étrange. Je fis volte-face. Là... Dans l’herbe... Non, derrière. Je me retournai encore. Quelque chose était tout près, j’en étais sûr... N’osant vérifier, je me mis à courir. Le faisceau du téléphone s’agitait dans tous les sens. Heureusement que mes yeux s’étaient habitués à cette obscurité, j’arrivais à distinguer suffisamment la forme des troncs pour les éviter. Le sol par contre... Je manquais plusieurs fois de chuter ou de me tordre la cheville. Maudites racines, satanées branches ! Malgré tout, j’avançais vite, la peur me donnant des ailes. Ah si Lola me voyait, moi l’un des basketteurs du lycée, faisant partie des caïds, détaller sûrement à cause d’un lapin ! Ironique non ? Je ralentis enfin l’allure. Je pensai avoir mis une distance suffisante. Soudain, je m’arrêtai net.

     Dans la pénombre, je distinguai quelque chose. Je l’avais enfin trouvée. Lola était accroupie à quelques mètres devant. Elle me tournait le dos alors je devinais uniquement ses cheveux noirs.

— Allez, viens, on rentre, lui proposai-je avec soulagement.

     Elle ne me répondit pas. Ou du moins... pas clairement. Je jurais entendre des petits bruits, comme si elle sanglotait. Non... plutôt comme si elle gémissait. Je m’approchai doucement d’elle. Que faisait-elle ?

— Lola ?

     Maintenant, c’était sûr, elle était occupée par quelque chose. Je l’éclairai avec mon téléphone. Oh mon dieu ! Elle était accroupie face à une carcasse et jouait avec les entrailles. Je fus ébahi. Je me pétrifiai davantage lorsqu’elle se releva. Ce n’était pas Lola, ce n’était pas ma copine. La personne devant moi, la chose devant moi était grande, très grande, trop grande. L’animal mort gisait à ses pieds. Mon regard s’en détacha et s’aventura sur ce corps déformé. Il s’arrêta rapidement sur ses mains... Mon dieu ses mains... Ses doigts étaient atrocement longs et griffus.

     Ils avaient plutôt la forme de branches...

     Je commençai à faire quelques pas en arrière, terrorisé. J’étais derrière elle, la créature ne m’avait peut-être pas encore remarqué. Mon pied écrasa malheureusement une branche. Le craquement souleva mon cœur. Je m’immobilisai et fixai, terrifié, la masse de cheveux devant moi. Rien ne se passa pendant les secondes qui suivirent.

     Je me risquai à faire un autre pas. J’en fis un deuxième, puis un troisième... Elle se retourna. Mon cœur s’arrêta un instant. C’était un monstre.

     Malgré les vêtements qu’elle portait, malgré les quelques traits humains que je devinais, c’était un monstre. Sa mâchoire interminable était ornée de véritables pieux dégoulinant du sang de la carcasse. Elle poussa un cri, un rugissement, que dis-je, un hurlement venu tout droit des enfers. Mon sang se glaça d’effroi. D’un coup, sans prévenir, elle se rua vers moi. Elle bougea son corps long et squelettique comme une poupée désarticulée. J’allais mourir, c’était certain. Pourtant, dans un élan de désespoir, je me retournai et tentai malgré tout de prendre la fuite. Trop lent, trop tard, elle me balaya d’un coup de main griffu.

     Ce fut la fin. Je heurtai le sol. Le téléphone m’échappa des mains, me plongeant ainsi dans les ténèbres de la nuit. La lueur de la lune et les grognements de cette chose me suffirent à deviner la masse informe qui se tenait au-dessus de moi. Je fis face à ses dents. Elle allait me dévorer. La mâchoire fonça sur moi, grande ouverte.

     Je tentai de repousser cette femme monstrueuse en saisissant son cou. J’y mis toutes mes forces, toute mon énergie, tout mon désespoir. L’adrénaline avait inondé mes veines. Mais ses crocs se rapprochèrent dangereusement. Des gouttes de sang tombèrent puis ruisselèrent sur mon visage. Je contractai tous mes muscles, hurlai et poussai. Rien n’y fit, mes efforts étaient vains, elle s’approchait tout de même de moi. Ses pieux étaient maintenant à quelques centimètres de ma peau. Ils allaient pénétrer ma chair et la déchiqueter. C’était fini.

     Résigné, les yeux fermés, je ne vis pas le monstre se faire propulser. Je le sentis cependant et je l’entendis rouler dans l’herbe. Je ne comprenais pas. Il était pourtant au-dessus de moi une seconde auparavant... Je pouvais presque sentir ses dents dans ma peau... Mon incompréhension attendra. Mon instinct de survie prit le dessus. Je devais en profiter pour m’enfuir. Il allait revenir et puis... Je me mis sur le ventre pour me relever. Je levai la tête. Une silhouette se tenait devant moi.

     Ce n’était ni le monstre, ni Lola. Qui était-ce ?

     L’inconnu était grand et massif. Sa cape couvrait une musculature impressionnante.

     De longs cheveux noirs ainsi qu’une épaisse barbe toute aussi noire habillaient son visage. Son regard était dur, concentré, déterminé. Bien que mystérieux, cet homme semblait tout à fait normal. À un détail près : la raison pour laquelle j’arrivais si bien à le voir... Une lumière intense provenait de deux anneaux de lumière, un à chacune de ses mains. Oui, il y avait vraiment deux cercles luisants qui entouraient ses paumes. Et par entourer, j’entends flotter dans les airs... Mais bon sang, qu’est-ce qui se passait à la fin ? Où étais-tu Lola ?

     Des gémissements se firent entendre dans les broussailles. Un hurlement fut poussé. Il était tellement effrayant qu’il hantera mes pires cauchemars à jamais.

     Je me retournai vers sa monstrueuse source. La créature, relevée, se précipita maintenant vers le mystérieux inconnu. Le visage de l’homme changea d’expression.

     L’immense femme bondit sur lui. Alors il bougea sa main droite, tournant le cercle associé par ce même mouvement et quelque chose sortit du cercle de sa main gauche. Une vague d’énergie jaillit du cercle et percuta la créature. Cette dernière roula à nouveau dans l’herbe. Mais elle ne tarda pas à se relever pour se ruer à nouveau sur lui. L’homme répéta son geste. La femme se retrouva encore envoyée des mètres en arrière. Elle se releva et hurla. L’homme changea de stratégie.

     Ses deux petits cercles disparurent instantanément pour laisser place à un autre, bien plus imposant. La forêt s’illumina alors. En effet, du feu commença à jaillir de ce nouvel anneau. Les flammes s’intensifièrent tout en s’ordonnant. Il en résulta une véritable colonne de feu qui s’entortilla autour de l’homme. La chaleur écrasante me fouetta le visage. La lumière me fit plisser les yeux. Pourtant, je crus apercevoir une larme perler sur la joue de ce magicien.

     La colonne de feu se sculpta jusqu’à prendre l’apparence d’un gigantesque serpent rougeâtre. Le reptile enflammé s’envola alors. Il fondit sur le monstre comme un prédateur sur sa proie. Le monstre n’eut pas le temps de réagir et se retrouva mangé par les flammes. Avalée, brûlée, calcinée, la créature hurla. Mais ce n’était pas le même cri, celui-ci, c’était elle qui agonisait, qui mourait. Le reste des flammes se perdit dans les arbres, les enflammant au passage. La forêt était totalement éclairée. Elle était surtout en feu. Il ne restait de la créature qu’un corps informe, totalement carbonisé.

     Je regardai cet homme, ce magicien, ce sauveur. L’immense cercle disparut. Il en fit un nouveau, plus petit, qu’il laissa flotter dans les airs puis l’abandonna comme un orphelin. L’homme se retourna et fit quelques pas. Il fit un deuxième cercle bien plus grand, plus grand que lui. Il s’en approcha et passa sa jambe à travers. La jambe ne réapparut pas de l’autre côté du cercle. Je vis ainsi l’homme disparaître en un instant en le traversant. L’autre cercle était toujours là. Le dessin en son centre ne faisait que de changer. Je le regardai et une intense lumière m’éblouit totalement. Je sombrai alors dans l’inconscience.

Message de l'auteur en fin de chapitre

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